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C’est quoi un bon couteau bushcraft ?

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En forêt, lorsque vient le moment de démarrer un feu, monter le campement ou préparer un repas après plusieurs heures de marche, le couteau bushcraft est un outil essentiel. Il accompagne chaque geste et doit donc être infaillible. C’est un vrai enjeu car il subit une grosse pression lorsque on fend du bois, mais doit aussi répondre aux besoins d’une grande polyvalence.

Les aciers pour la lame

Un couteau bushcraft doit trouver un juste équilibre entre dureté et souplesse.

Ceux que j’utilise le plus couramment sont le 90mcv8, le Xc75 ou le 1095. Ces aciers offrent une excellente tenacité, si les traitements thermiques sont faits dans les règles de l’art.

Mon secret pour être sûr que mes lames sont vraiment adaptées à tous les chocs possibles et inimaginables?
Je leur fais subir un bon crash test avant de les repolir, aiguiser et de finir le manche.
(Et j’allie fiabilité et plaisir :D.)


Un nouveau combo que j’apprécie, beaucoup moins consensuel: le C130 avec une trempe sélective!

Normalement cet acier est utilisé pour les couteaux de cuisine, parce qu’il est très dur. Mais avec la trempe sélective, on a un équilibre parfait entre la dureté du tranchant et la souplesse du reste de la lame. Et puis on peut choisir de révéler ou non la trempe, pour le rendu visuel. Certains clients déjà initiés m’ont même acheté des couteaux dont la trempe sélective n’avait pas été révélé, pour le faire eux-même par la suite!

La forme d’un couteau bushcraft


La Lame doit être assez épaisse (au moins 4mm) et plutôt arrondie au niveau de la pointe. Le but c’est qu’elle ai une meilleure résistance aux chocs. Le dos de la lame doit présenter une arrête vive pour frotter le fire steel dessus (comme sur l’image ci-dessous).

Pour le manche, il est très pratique d’avoir un talon dépassant, pour taper dessus, avec un trou pour passer une dragonne. Le talon doit être moins épais pour alléger l’ensemble. Et surtout, la forme générale doit être pensée pour correspondre à la main du client à qui est destiné la commande: petite ou grosse, il faut l’adapter pour une prise en main optimale.

Les matériaux pour le manche d’un couteau bushcraft


Les goûts varient beaucoup quant il s’agit du manche. Il y a les adeptes du micarta et du G10, parce que ce sont des matériaux qui ne travaillent plus une fois formés.

C’est en parti subjectif, mais je préfère les matériaux plus rustiques. La paracorde constitue une réserve de corde toujours disponible, pour fixer un abri, une bâche ou remplacer un lacet.

Le bois reste mon choix de prédilection, authentique, chaleureux et traditionnel. On doit choisir un montage plate semelle, plus solide que le montage sur soie.


Le bois, comme la lame en acier qui s’oxyde, va se patiner dans le temps. Un couteau bushcraft, ça se salit, ça taille, fend, tranche, entaille, débite, écorce, gratte, perce, creuse, fendille, éclate…

Bref, il vit avec nous, et nous suit partout, au long des années et de nos aventures. Alors je trouve que c’est beau, quand son usure devient la trace de nos périples.


Il y a 15 ans, mon premier couteau bushcraft… Pas bien beau aha, mais comme vous pouvez le voir, il ne m’a jamais quitté… Au creux de l’hiver, combien de feu il m’a aidé à démarrer! Il me rappelle aussi le chemin parcouru, l’expérience et la rigueur acquises, pour avoir le niveau de finitions que j’offre aujourd’hui!



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