Comment reconnaître un véritable couteau forgé artisanal ?
Acquérir un couteau artisanal est une source de fierté, un investissement et bien souvent, une passion. C’est un objet qui a vocation à durer et parfois à être transmis. C’est souvent aussi un cadeau plein de sens qu’on offre pour un anniversaire ou un départ en retraite à quelqu’un qu’on estime. Enfin c’est un budget, et tout cela fait qu’on attend une qualité sans faille lorsqu’on commande auprès d’un coutellier artisanal. Pourtant, derrière cette appélation se cachent parfois des réalités très différentes.
Petit guide de ce qui fait réellement la valeur d’une pièce.
L’artisan maîtrise-t-il l’ensemble de la fabrication ?
C’est probablement la première question à se poser.
Aujourd’hui, il existe un marché international proposant des lames déjà forgées, des couteaux semi-finis ou même des ensembles complets destinés à être assemblés puis revendus. Certains couteaux artisanaux sont donc à des prix bien plus abordables que d’autres, notamment selon la provenance des alliages qui composent leur lame. Seulement, le prix tout de même élevé ne se justifie plus par l’aspect artisanal et local de la production.
Cela dit, cette pratique n’est pas toujours problématique, si elle est assumée et expliquée au client.
Mais elle reste très différente du travail d’un coutelier qui réalise lui-même chacune des étapes de fabrication.
À la Coutellerie Volund, en Suisse romande, Marc Domon conçoit chaque couteau de A à Z. De la forge du trousseau et de la lame, le choix des aciers, les traitement thermiques, en passant par la garde et le ponçage du manche, jusqu’à la réalisation de l’étui : chaque étape est réalisée à la forge du Pâquier puis dans son atelier, dans le canton de Neuchâtel. Cette maîtrise complète lui permet d’adapter chaque couteau à son futur propriétaire, et d’assurer une qualité entièrement artisanale.
Ces différentes étapes demandent une grande expertise, notamment les traitements thermiques qui doivent répondre aux différentes fonctionnalités des lames. Il est important que le coutelier soit extrêmement minutieux et rigoureux afin que les lames ne s’émoussent pas trop vite ou même se cassent (lors du batônnage par exemple). Marc, quant à lui, teste ses lames lorsqu’il utilise un nouvel acier ou une nouvelle technique afin de s’assurer de leur qualité.
Une pièce unique commence par une discussion
Chaque projet est différent.
L’usage prévu guide les choix : cuisine, bushcraft, chasse, randonnée ou collection.
Viennent ensuite les matières. Le client peut choisir l’essence de bois, la forme du manche, la garde, les rivets, la finition de la lame ou encore le trousseau d’aciers et métaux qui donnera au couteau son caractère.
Deux couteaux réalisés par Marc ne sont jamais parfaitement identiques. Même lorsqu’ils répondent au même cahier des charges, le travail de la forge laisse toujours une part d’unicité.
Le prix raconte souvent une histoire
Il est naturel de comparer les tarifs. Mais il est aussi important de se demander ce que ce prix recouvre réellement.
Forger un trousseau puis une lame, réaliser son traitement thermique, façonner le manche, fabriquer un étui en cuir, ajuster chaque élément puis effectuer les finitions représente plusieurs dizaines d’heures de travail.
Lorsqu’un couteau est proposé à un tarif particulièrement bas tout en étant présenté comme une pièce entièrement artisanale et unique, il est légitime de s’interroger sur la part du travail réellement réalisée par le coutelier.
À l’inverse, investir dans une pièce forgée intégralement à la main, conçue pour durer plusieurs générations, revient souvent à privilégier la qualité plutôt que le renouvellement.
Un couteau complètement artisanal représente un investissement plus important qu’un couteau produit en série ou «en kit». C’est une réalité.
Mais il accompagne souvent son propriétaire pendant des décennies. Il vieillit avec lui, se patine, se transmet parfois.
Économiser quelques mois de plus pour acquérir une pièce entièrement réalisée par un artisan, pensée pour un usage précis et fabriquée sans compromis, est souvent un choix que l’on ne regrette pas.
Parce qu’au-delà du couteau lui-même, on acquiert un savoir-faire, du temps, une exigence et une histoire.
Vous recherchez un coutelier en Suisse romande ?
Installée dans le canton de Neuchâtel, la Coutellerie Volund réalise des couteaux artisanaux sur mesure destinés à la cuisine, au bushcraft, à la chasse ou à un usage quotidien. Chaque pièce est imaginée et fabriquée par Marc Domon dans son atelier, avec la même exigence : créer un couteau qui trouvera naturellement sa place dans la main de son propriétaire et l’accompagnera durablement.
C’est quoi un bon couteau bushcraft ?
Tout commence ici
En forêt, lorsque vient le moment de démarrer un feu, monter le campement ou préparer un repas après plusieurs heures de marche, le couteau bushcraft est un outil essentiel. Il accompagne chaque geste et doit donc être infaillible. C’est un vrai enjeu car il subit une grosse pression lorsque on fend du bois, mais doit aussi répondre aux besoins d’une grande polyvalence.
Les aciers pour la lame
Un couteau bushcraft doit trouver un juste équilibre entre dureté et souplesse.
Ceux que j’utilise le plus couramment sont le 90mcv8, le Xc75 ou le 1095. Ces aciers offrent une excellente tenacité, si les traitements thermiques sont faits dans les règles de l’art.
Mon secret pour être sûr que mes lames sont vraiment adaptées à tous les chocs possibles et inimaginables?
Je leur fais subir un bon crash test avant de les repolir, aiguiser et de finir le manche. (Et j’allie fiabilité et plaisir :D.)
Un nouveau combo que j’apprécie, beaucoup moins consensuel: le C130 avec une trempe sélective!
Normalement cet acier est utilisé pour les couteaux de cuisine, parce qu’il est très dur. Mais avec la trempe sélective, on a un équilibre parfait entre la dureté du tranchant et la souplesse du reste de la lame. Et puis on peut choisir de révéler ou non la trempe, pour le rendu visuel. Certains clients déjà initiés m’ont même acheté des couteaux dont la trempe sélective n’avait pas été révélé, pour le faire eux-même par la suite!
La forme d’un couteau bushcraft
La Lame doit être assez épaisse (au moins 4mm) et plutôt arrondie au niveau de la pointe. Le but c’est qu’elle ai une meilleure résistance aux chocs. Le dos de la lame doit présenter une arrête vive pour frotter le fire steel dessus (comme sur l’image ci-dessous).
Pour le manche, il est très pratique d’avoir un talon dépassant, pour taper dessus, avec un trou pour passer une dragonne. Le talon doit être moins épais pour alléger l’ensemble. Et surtout, la forme générale doit être pensée pour correspondre à la main du client à qui est destiné la commande: petite ou grosse, il faut l’adapter pour une prise en main optimale.
Les matériaux pour le manche d’un couteau bushcraft
Les goûts varient beaucoup quant il s’agit du manche. Il y a les adeptes du micarta et du G10, parce que ce sont des matériaux qui ne travaillent plus une fois formés.
C’est en parti subjectif, mais je préfère les matériaux plus rustiques. La paracorde constitue une réserve de corde toujours disponible, pour fixer un abri, une bâche ou remplacer un lacet.
Le bois reste mon choix de prédilection, authentique, chaleureux et traditionnel. On doit choisir un montage plate semelle, plus solide que le montage sur soie.
Le bois, comme la lame en acier qui s’oxyde, va se patiner dans le temps. Un couteau bushcraft, ça se salit, ça taille, fend, tranche, entaille, débite, écorce, gratte, perce, creuse, fendille, éclate…
Bref, il vit avec nous, et nous suit partout, au long des années et de nos aventures. Alors je trouve que c’est beau, quand son usure devient la trace de nos périples.
Il y a 15 ans, mon premier couteau bushcraft… Pas bien beau aha, mais comme vous pouvez le voir, il ne m’a jamais quitté… Au creux de l’hiver, combien de feu il m’a aidé à démarrer! Il me rappelle aussi le chemin parcouru, l’expérience et la rigueur acquises, pour avoir le niveau de finitions que j’offre aujourd’hui!